
LinkedIn Actualités vient de publier son très attendu classement des 25 métiers en croissance. Sans surprise, l’intelligence artificielle (Ingénieur IA, Directeur de l’IA) et le développement durable (Coordinateur environnement) dominent le paysage professionnel français.
https://www.linkedin.com/pulse/le-classement-linkedin-des-m%C3%A9tiers-en-croissance-2026-eylkc
En parcourant cette liste, on est frappé par l’hyper-technicité des compétences requises : Deep Learning, PyTorch, Conformité environnementale, Lean Management…
Pourtant, en tant qu’avocat en droit des affaires et de la propriété intellectuelle, mais aussi en ma qualité de négociateur professionnel/médiateur et formateur, je lis ce classement avec une autre grille de lecture. Je constate une absence criante : celle des compétences de sécurisation juridique et de gestion relationnelle complexe.
Voici pourquoi les « métiers stars » de 2026 ne pourront pas faire l’économie d’une solide culture juridique et d’une formation à la nouvelle négociation raisonnée.
L’IA et la Tech (Ingénieur IA, Expert Informatique) : Le piège de la Propriété Intellectuelle
Les postes d’Ingénieur IA (N°1) et de Chercheur en Machine Learning (N°16) sont au cœur de la transformation numérique. Mais coder un modèle performant ne suffit plus.
Dans ma pratique quotidienne en Droit de la Propriété Intellectuelle (PI), je constate que la valeur réelle ne réside pas uniquement dans la performance de l’outil, mais dans sa propriété.
- À qui appartient l’algorithme développé par un salarié ou un prestataire ?
- Comment protéger les données d’entraînement et le savoir-faire de l’entreprise ?
- Quelle est la responsabilité juridique en cas d’erreur de l’IA générative ?
Mon analyse d’avocat : L’excellence technique doit se doubler d’une sécurité contractuelle absolue. Un ingénieur ou un Directeur de l’IA qui comprend les enjeux de la cession de droits et de la conformité transforme son code en un véritable actif immatériel valorisable pour l’entreprise. Sans cela, l’innovation est un géant aux pieds d’argile.
RSE et Gestion de Projet (HSE, Amélioration Continue) : Savoir négocier le changement
Le classement met en lumière des rôles pivots comme le Responsable Amélioration Continue (N°7), le Coordinateur Environnement (N°3) ou le Responsable HSE (N°6).
Ces professionnels ont une mission difficile : transformer les processus internes pour répondre à des normes strictes. Or, qui dit changement, dit résistance. Et qui dit résistance, dit conflit potentiel.
C’est ici que ma casquette de Médiateur et praticien de processus collaboratif intervient. On ne peut pas imposer une norme environnementale ou une nouvelle cadence industrielle par la seule force d’un tableau Excel ou d’un décret. Il faut savoir :
- Désamorcer les tensions avec les équipes terrain.
- Co-construire des solutions durables plutôt que d’imposer des directives descendantes.
- Utiliser la médiation préventive pour éviter les blocages sociaux.
Ces fonctions sont, par essence, des métiers de négociation interne. La technique est leur outil, mais l’adhésion humaine est leur véritable défi.
Affaires Publiques et RH : L’art de la Nouvelle Négociation Raisonnée
Le Responsable Affaires Publiques (N°14) et le Responsable RH (N°9) sont les diplomates de l’entreprise. Leur quotidien est fait d’intérêts divergents qu’il faut concilier (législateurs vs entreprise, salariés vs direction).
Pour ces profils, la formation technique ou administrative est insuffisante. La clé de leur performance réside dans la maîtrise de la nouvelle négociation raisonnée.
Il ne s’agit plus de faire des compromis mous (« couper la poire en deux »), mais de créer de la valeur en intégrant les besoins profonds de toutes les parties prenantes. En tant que formateur dans ces matières, je vois trop souvent des experts échouer à des postes stratégiques, non par incompétence technique, mais faute de savoir gérer la complexité d’un désaccord ou de structurer une négociation créative.
Conclusion : Le véritable « Skill » de 2026
Ce classement LinkedIn 2026 est un excellent baromètre de l’innovation technique. Mais il ne raconte que la moitié de l’histoire.
L’IA va automatiser la production. La RSE va normer l’industrie. Mais ce qui restera, c’est la capacité à sécuriser les affaires (le rôle de l’avocat en droit des affaires) et à tisser des accords intelligents (le rôle du négociateur).
Que vous soyez une entreprise cherchant à recruter ces profils, ou un professionnel en pleine évolution vers ces métiers d’avenir, ne négligez pas ces deux piliers.
Vous souhaitez sécuriser vos actifs immatériels, structurer vos partenariats ou former vos équipes stratégiques à la négociation complexe ? Contactez le cabinet pour échanger sur vos enjeux.