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Le questionnement de Quintilien : un outil stratégique pour prévenir et résoudre les conflits

Qui utilise le questionnement de Quintilien ?

Les avocats, les médiateurs, les négociateurs, mais aussi les enseignants, les journalistes ou les enquêteurs. Tous ceux qui cherchent à comprendre une situation dans sa globalité, à poser les bonnes questions, à faire émerger les faits et les responsabilités.

Quoi ? Un outil antique, toujours d’actualité

Le questionnement de Quintilien est une méthode issue de la rhétorique antique. Il repose sur six questions fondamentales :

  1. Quis ? (Qui ?)
  2. Quid ? (Quoi ?)
  3. Ubi ? (Où ?)
  4. Quibus auxiliis ? (Avec quels moyens ?)
  5. Cur ? (Pourquoi ?)
  6. Quomodo ? (Comment ?)
  7. Quando ? (Quand ?)

Ces questions permettent de structurer une analyse complète d’un fait, d’un conflit ou d’une situation juridique. Elles sont particulièrement utiles en négociation, en médiation ou lors de la préparation d’un dossier de projet ou de contentieux.

Où l’appliquer ?

Dans mon cabinet, je mobilise ce questionnement :

  • Lors des entretiens avec les clients, pour comprendre les faits sans interprétation.
  • En médiation, pour aider les parties à clarifier leurs besoins, leurs attentes et leurs perceptions.
  • En formation, pour transmettre une méthode rigoureuse d’analyse des conflits.
  • Dans la rédaction d’actes, pour s’assurer que toutes les dimensions d’un litige sont prises en compte.

Quand l’utiliser ?

Dès le premier contact avec un client. Le questionnement de Quintilien permet de :

  • Poser un cadre clair.
  • Identifier les zones d’ombre.
  • Éviter les biais cognitifs.
  • Préparer une stratégie de résolution adaptée.

Il est aussi précieux en amont d’une négociation, pour anticiper les arguments de l’autre partie et construire des options de solution.

Comment fonctionne ce questionnement ?

Voici comment je l’utilise concrètement :

  • Qui ? Qui sont les personnes impliquées ? Quels sont leurs rôles, leurs relations, leurs intérêts ?
  • Quoi ? De quoi s’agit-il précisément ? Quel est le problème ou le différend ?
  • Où ? Où les faits se sont-ils produits ? Le lieu a-t-il une importance juridique ?
  • Quand ? À quel moment ? Le contexte temporel est-il déterminant ?
  • Comment ? Comment les faits se sont-ils déroulés ? Quelle est la chronologie ?
  • Pourquoi ? Quelles sont les causes profondes ? Les intentions ? Les motivations ?
  • Avec quels moyens ? Quels outils, ressources ou personnes ont été mobilisés ?

Ce cadre permet de poser les bonnes questions, dans le bon ordre, sans se laisser emporter par l’émotion ou les jugements hâtifs.

Pourquoi est-ce si puissant ?

Parce qu’il structure la pensée. Il clarifie les enjeux. Il favorise l’écoute active. Et surtout, il ouvre la voie à des solutions adaptées, en tenant compte de toutes les dimensions du conflit.

Dans un monde où l’on confond souvent vitesse et précipitation, le questionnement de Quintilien nous rappelle que la rigueur intellectuelle est une force. Et qu’en matière de justice négociée, poser les bonnes questions, c’est déjà commencer à résoudre.


Mantra opérationnel : être dur avec les problèmes à traiter, doux avec les personnes pour préserver les relations — la Justice négociée est un sport de combat.

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