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📌 Faut-il être avocat pour se former au processus collaboratif ?

Le processus collaboratif est-il réservé aux avocats ou même aux juristes ? Peut-on s’y former sans robe ni barreau ? Et surtout, pourquoi cette approche transforme-t-elle en profondeur la manière de résoudre les conflits ?


⚖️ Contexte et enjeux

Souvent à tort réduit au règlement des différends familiaux, le processus collaboratif est bien plus qu’une méthode alternative au procès. Son apport essentiel par rapport à sa principale alternative, la médiation, réside dans la pensée du travail en équipe et dans l’objectivation des enjeux.

Là où la médiation repose sur la facilitation du dialogue entre les parties, le processus collaboratif mobilise une équipe pluridisciplinaire qui accompagne les personnes dans la co-construction de solutions, en s’appuyant sur des données, des expertises croisées et une dynamique structurée.

Il ne s’agit pas que d’une mĂ©thode, mais d’une modĂ©lisation complète de la rĂ©solution des conflits, qui repose sur des principes structurants et une dynamique d’équipe interdisciplinaire. Contrairement Ă  une idĂ©e reçue en France, il n’est pas nĂ©cessaire d’être avocat ou juriste pour se former au processus collaboratif.


📚 Cadre

Le droit collaboratif repose sur une architecture éthique et opérationnelle qui transforme la manière dont les professionnels abordent les conflits. L’International Academy of Collaborative Professionals (IACP), présente dans plus de 28 pays sur 5 continents, insiste sur le fait que le processus collaboratif est une pratique structurée, avec des standards de formation, des engagements déontologiques, et une logique de co-construction des solutions.

Notamment, les praticiens de processus collaboratif doivent impérativement être formés et certifiés. Leurs formateurs doivent eux mêmes avoir reçu, outre la formation certifiante de base, une formation certifiante de formateur.

Mais surtout, le processus collaboratif est une modélisation : il offre un cadre conceptuel et pratique qui remplit plusieurs fonctions essentielles pour les professionnels engagés dans la résolution des conflits.


🛠️ Une modélisation et non une simple méthode

Fonction réflexive

Permet aux praticiens de prendre du recul sur leur pratique. En supervision ou en auto-évaluation, elle aide à se poser les bonnes questions : Qu’aurais-je pu faire différemment à ce moment t ? Qu’est-ce qui a fonctionné ou non ?

Fonction évolutive

Sert de base pour faire évoluer sa propre méthode. En comprenant les principes et les étapes du processus collaboratif, chaque professionnel peut adapter et enrichir sa pratique selon les contextes et les publics. En se basant sur le référentiel de compétences sous-jacent, il peut identifier les compétences à acquérir ou développer.

Fonction andragogique

Facilite la transmission du savoir et des compétences. Une modélisation claire permet de structurer les formations, d’illustrer les concepts, et de guider les apprenants dans l’acquisition progressive des savoir-faire collaboratifs.

Fonction intégrative

Relie les dimensions juridiques, émotionnelles, économiques et relationnelles du conflit. C’est une grille de lecture qui aide à comprendre la complexité des situations et à mobiliser les bons outils au bon moment.

Fonction culturelle

Offre une culture, un langage commun, et une structure partagée entre les membres de l’équipe pluridisciplinaire. Cela favorise la coordination, la cohérence des interventions, et la confiance entre les professionnels de la négociation au sens large.


🧩 Cas d’usage concrets

Une équipe pluriprofessionnelle et pluridisciplinaire

L’un des fondements du processus collaboratif est la constitution d’une équipe de professionnels issus de disciplines complémentaires. L’IACP et ses partenaires internationaux encouragent la formation de tous les acteurs susceptibles de contribuer à une résolution apaisée et efficace des conflits.

Parmi les professionnels concernés :

  • Psychologues et thĂ©rapeutes familiaux
  • Coachs et spĂ©cialistes de la communication
  • Experts financiers et conseillers en patrimoine
  • Notaires, fiscalistes, planificateurs successoraux
  • MĂ©diateurs
  • Professionnels de l’éducation, du handicap, de la santĂ©, du logement, du travail social, de l’entreprise, de la gouvernance

Cette liste n’est pas limitative. Toute personne engagée dans l’accompagnement des individus ou des groupes en situation de conflit peut trouver dans le processus collaboratif un cadre utile et structurant.


🏢 Gouvernance et partenariats

Le processus collaboratif a été initié dans les années 1990 par Stuart Webb, avocat de Minneapolis. Mais il serait très réducteur de ne citer que lui. Parmi les figures majeures du développement du processus collaboratif :

  • Pauline Tesler, cofondatrice de l’IACP
  • Peggy Thompson, psychologue
  • Francesca King, avocate Ă  Milan
  • Sandra Crawford, avocate et mĂ©diatrice Ă  Chicago

Dans les domaines hors du droit de la famille :

  • Taorui Guan, chercheuse Ă  Hong Kong
  • Aaron Hall, avocat d’affaires
  • Tie Wei, Huaihong Pan et Pin Xie, chercheurs en transfert de technologie

Le processus collaboratif s’est étendu à :

  • Droit des affaires
  • PropriĂ©tĂ© intellectuelle
  • Gouvernance d’entreprise
  • Conflits entre associĂ©s, partenaires commerciaux et concurrents
  • Restructurations

✅ Check-list opérationnelle

Élément à vérifierPourquoi c’est important
Statut des professionnelsFormation et certification garantissent la qualité
(praticiens certifiés, formateurs certifiés)
Encadrement juridiqueConvention ou contrat structurant le processus
RGPDConfidentialité et protection des données
KPIsTaux d’accord, satisfaction, durée du processus
CommunicationSupports clairs, réunions en visio, langage partagé

🎯 Conclusion : élargir le cercle… et relever les défis contemporains

Le processus collaboratif est une pratique vivante, en constante évolution. Pour continuer à répondre aux enjeux du monde contemporain, il doit relever plusieurs défis :

  • Se dĂ©mocratiser : en s’ouvrant Ă  d’autres domaines et publics
  • S’actualiser : en intĂ©grant les dernières avancĂ©es (nĂ©gociation raisonnĂ©e BB3, IFS, approche systĂ©mique…)
  • S’adapter aux situations complexes : en mobilisant des Ă©quipes pluridisciplinaires

Mais il faut aussi reconnaître ses limites actuelles :

  • Difficile Ă  mettre en place sans professionnels formĂ©s et certifiĂ©s, encore peu nombreux
  • Encore plus complexe dans les situations multipartites, oĂą la coordination devient un dĂ©fi (exemple: conflit impliquant les assureurs des personnes)

Se former au processus collaboratif, c’est rejoindre une communauté internationale qui œuvre pour transformer la manière dont les conflits sont abordés et résolus. C’est aussi adopter une posture éthique et constructive, au service des personnes et des relations.


âť“ FAQ

Faut-il ĂŞtre avocat pour se former au processus collaboratif ?

Non, le processus est ouvert à tous les professionnels concernés par la résolution des conflits.

Quelle est la différence avec la médiation ?

La médiation facilite le dialogue ; le processus collaboratif mobilise une équipe pour co-construire les solutions.

Peut-on l’utiliser en entreprise ?

Oui, notamment pour les conflits entre associés, les restructurations ou la gouvernance.

Est-ce reconnu juridiquement ?

Oui, dans le cadre des MPR (ex MARD) et des conventions de procédure participative.

Quels professionnels peuvent y participer ?

Avocats, psychologues, coachs, notaires, experts financiers, médiateurs, etc.

Existe-t-il une certification ?

Des formations certifiantes sont proposĂ©es. Nous contacter pour plus d’informations. MaĂ®tre LACOUR est praticien certifiĂ© et formateur certifiĂ©.

Peut-on faire les réunions en visio ?

Oui, c’est même recommandé pour faciliter la coordination efficace.

Quels sont les outils utilisés ?

Matrices d’enjeux, cartes de décision, protocoles de réunion, indicateurs de suivi.

Est-ce adapté aux conflits familiaux ?

Oui, c’est l’un des premiers domaines d’application.

Et pour les successions ?

Le processus collaboratif permet de gérer les tensions et de structurer les accords.

Peut-on l’utiliser dans le secteur public ?

Oui, notamment dans l’éducation, le logement, la santé ou le travail social.

Comment mesurer l’efficacité ?

Par des KPIs : taux d’accord, satisfaction, durée du processus, etc.

Est-ce utilisé à l’international ?

Oui, dans plus de 28 pays sur 5 continents.

Qui sont les pionniers ?

Stuart Webb, Pauline Tesler, Peggy Thompson, Francesca King, Sandra Crawford.

OĂą se former ?

Nous contacter. Maître LACOUR est praticien certifié et formateur certifié. Devis pour formation certifiante de groupe sur demande.


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