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Soldes et promotions en e-commerce : ce que tout entrepreneur doit savoir pour être en conformité (et éviter des sanctions à 6 chiffres)

Guide expert à l’attention des e-commerçants — mis à jour juin 2026


La liberté des prix… jusqu’à un certain point

En tant qu’entrepreneur, vous disposez en principe de la liberté totale de fixer vos prix, régie par le jeu de la concurrence. Mais cette liberté est encadrée par un impératif qui s’impose à tous : la protection du consommateur.

Résultat : chaque promotion, chaque solde, chaque réduction de prix affichée sur votre site e-commerce obéit à des règles précises. Les ignorer, même sans mauvaise intention, expose votre entreprise à des sanctions pénales et financières considérables — des affaires récentes le prouvent.

Ce guide décortique pour vous le cadre juridique applicable, les pièges à éviter, les bonnes pratiques à mettre en place, et les solutions concrètes pour documenter et prouver la conformité de vos opérations commerciales.


Partie 1 — Soldes vs. promotions : deux régimes juridiques distincts

1.1 Les soldes d’été 2026 : les fondamentaux

Les soldes d’été 2026 débutent le mercredi 24 juin. Il ne s’agit pas d’un simple événement marketing : les soldes constituent un régime juridique à part entière, défini par le Code du commerce, avec ses règles propres.

Ce qui définit juridiquement les soldes :

  • Des périodes fixées par décret, immuables (vous ne choisissez pas les dates)
  • Un objectif précis : l’écoulement accéléré des stocks
  • Une dérogation au droit commun : la revente à perte est autorisée — ce qui est rarissime en droit français

Ce que vous devez impérativement respecter pendant les soldes :

→ La règle des 30 jours sur le stock
Les produits présentés en solde doivent avoir été payés et proposés à la vente depuis plus d’un mois avant le début des soldes. Vous ne pouvez pas vous approvisionner spécifiquement pour les soldes quelques jours avant le 25 juin.

→ L’affichage clairement distinct des produits soldés
Sur votre site, vos fiches produits, vos menus de navigation, le consommateur moyen doit pouvoir identifier sans ambiguïté quels produits sont soldés et lesquels ne le sont pas. Un onglet ou une catégorie dédiée est recommandé.

→ L’interdiction stricte du mot « solde » hors période
Le terme « solde » ou « soldes » ne peut absolument pas apparaître sur votre site avant le début officiel. La bannière « Soldes » sur votre page d’accueil ne devient licite qu’à compter du premier jour officiel. Cela vaut pour vos emails marketing, vos réseaux sociaux, vos publicités en ligne.

→ Le maintien du droit de rétractation
Contrairement à ce que certains croient (et à ce qui est parfois autorisé en boutique physique avec la mention « ni repris ni échangé »), le droit de rétractation de 14 jours s’applique intégralement sur votre e-commerce pendant les soldes, comme le reste de l’année. C’est une obligation du droit de la vente à distance qui prime.


1.2 Les promotions : tout ce qui se passe le reste de l’année

Par opposition, les promotions désignent toutes les autres annonces de réduction de prix en dehors des périodes de soldes : Black Friday, French Days, ventes privées, fête des mères, fête des pères, Saint-Valentin, anniversaire de la boutique, codes promo…

La revente à perte y est interdite, sans exception.

Pour qu’une promotion soit licite, deux conditions cumulatives doivent être réunies :


Condition n°1 — Le caractère temporaire de la réduction

La réduction doit être limitée dans le temps. Si votre produit est « en promotion » en permanence ou presque, il ne s’agit plus d’une promotion : c’est votre prix réel, et le consommateur est trompé.

Cas concret illustrant le risque :
Un fabricant de matelas a été condamné le 2 avril 2025 par la Cour d’appel de Paris à verser 2 millions d’euros à l’un de ses concurrents directs. La raison ? Sur l’année écoulée, 92 % de ses ventes avaient été réalisées en promotion. La promotion permanente constitue une pratique commerciale trompeuse — et un préjudice de concurrence déloyale pour les acteurs vertueux.

Point de vigilance critique : les comptes à rebours
De nombreux sites e-commerce affichent un compteur « Plus que X heures pour profiter de cette offre ». Cette pratique est illicite dès lors que le compteur est réinitialisé à l’issue du délai (c’est-à-dire que la promotion continue sans interruption). Des contrôles de la DGCCRF ont déjà ciblé exactement ce type de pratique.


Condition n°2 — Le caractère réel de la réduction

Il doit y avoir une véritable économie pour le consommateur. L’information sur le montant de la remise doit être claire, loyale et transparente.

C’est ici qu’intervient la notion centrale de prix de référence.


Partie 2 — Le prix de référence : la règle que vous ne pouvez pas ignorer

2.1 Historique et cadre actuel

Après plusieurs évolutions réglementaires (décret de 2008, arrêté de 2015 qui avait créé un flou juridique), la directive européenne Omnibus du 27 novembre 2019, transposée en France en 2021, a remis les choses en ordre.

Depuis le 28 mai 2022, la règle est claire :

Dès lors que vous annoncez une réduction de prix, vous devez afficher le prix de référence, défini comme le prix antérieur le plus bas pratiqué par le professionnel à l’égard de tous les consommateurs au cours des 30 derniers jours précédant la réduction.

Concrètement : le fameux « prix barré » que vous affichez sur vos fiches produits doit correspondre à votre propre prix le plus bas des 30 derniers jours, pas à n’importe quel prix inventé.


2.2 Les exceptions (à bien maîtriser)

Le texte prévoit plusieurs situations dans lesquelles vous n’êtes pas tenu d’afficher ce prix de référence :

SituationObligation d’afficher le prix de référence
Produits périssables (DLC)❌ Non
Produits avec date de durabilité minimale (DDM)⚠️ À analyser au cas par cas
Démarques successives pendant les soldes❌ Non (uniquement la première démarque)
Réductions personnalisées (anniversaire client)❌ Non
Membres d’un programme de fidélité (accès restreint)⚠️ Dépend des conditions d’accès
Comparaison de prix avec un concurrent❌ Non (mais règles sur la pub comparative)

Point d’attention sur les programmes de fidélité :
Si votre programme de fidélité est accessible à tout consommateur en deux clics depuis votre page d’accueil, avec un bénéfice immédiat de la promotion dès l’inscription, la DGCCRF pourrait considérer que l’offre s’adresse en réalité à tous les consommateurs, et donc que l’obligation d’affichage du prix de référence s’applique. Posez-vous la question avant de lancer vos ventes privées.


2.3 Quels types d’annonces sont concernés ?

Sont clairement soumis à l’obligation d’affichage du prix de référence :
– « Moins 10 € sur ce produit »
– « Première démarque : -20 % sur tout le mobilier de jardin »
– Toute promotion affichée sur l’ensemble des visiteurs de votre site


Partie 3 — Les sanctions : ce que vous risquez concrètement

Ne pas respecter ces obligations, c’est risquer une qualification de pratique commerciale trompeuse au sens du Code de la consommation — une infraction pénale.

3.1 Le tableau des peines encourues

SituationPersonne physiquePersonne morale
Infraction de base2 ans d’emprisonnement + 300 000 € d’amende1 500 000 € d’amende
Si contrat conclu (achat effectif)3 ans d’emprisonnement
Si commise en ligne (votre cas)5 ans d’emprisonnement
En % du CAJusqu’à 10 % du CA
En % des dépenses engagéesJusqu’à 50 % des dépenses de l’opération illicite

À ces peines s’ajoute une peine d’affichage et de diffusion de la décision — une sanction particulièrement redoutée par les e-commerçants car elle nuit directement à la réputation en ligne.


3.2 Les condamnations récentes : des exemples qui parlent

Ces condamnations ne concernent pas seulement les géants du e-commerce. Elles illustrent la doctrine répressive qui s’applique aujourd’hui :

Showroom Privé — 2023
Condamné à 600 000 € d’amende pour prix de référence trompeur, sur le fondement des pratiques commerciales trompeuses.

Shein — Juillet 2025
Condamné à 40 millions d’euros : promotions illicites + défaut d’informations précontractuelles sur des allégations environnementales. (À noter également : deux amendes distinctes de 22 millions d’euros prononcées séparément pour défaut d’informations précontractuelles et manquements au droit de rétractation.)

Pretty Little Things — Septembre 2025
Condamné à environ 3 millions d’euros après contrôle de ses annonces promotionnelles :
– 55 % des annonces de promotion : aucune baisse de prix réelle
– 30 % des annonces : réduction inférieure à celle annoncée
– 5 % des annonces : augmentation de prix dissimulée derrière une annonce de promotion

Point d’actualité jurisprudentiel — Arrêt Aldi (CJUE, 26 septembre 2024)
La Cour de Justice de l’Union Européenne a précisé que toute annonce de réduction non conforme doit être considérée comme illicite, indépendamment de son caractère trompeur effectif pour le consommateur. Une divergence avec le droit français actuel, qui exige la démonstration du caractère trompeur. Un point à surveiller de près pour les prochaines évolutions législatives.


Partie 4 — Bonnes pratiques : comment sécuriser vos opérations

4.1 Étape 1 — Qualifiez correctement votre opération

Avant tout lancement promotionnel, posez-vous ces questions :

  1. Est-ce que j’utilise le mot « solde » ? → Ne l’employer qu’en période officielle de soldes.
  2. Ma réduction est-elle annoncée à tous les consommateurs ou uniquement à un segment identifiable ? → Impact direct sur l’obligation d’afficher le prix de référence.
  3. Quelle est la durée définie de mon opération ? → Elle doit être fixe et réelle.
  4. Mon prix barré correspond-il effectivement à mon prix le plus bas des 30 derniers jours ? → Vérifiez vos historiques de prix avant publication.

4.2 Étape 2 — Auditez régulièrement votre site

Ne vous contentez pas d’une mise en conformité une seule fois. La réglementation évolue, vos pratiques aussi. Faites auditer votre site et vos processus par un professionnel (avocat spécialisé, consultant e-commerce juridique) :
– Avant chaque grande opération commerciale (soldes, Black Friday…)
– En cas de modification de votre interface ou de votre moteur de prix
– Lors d’une mise à jour significative de la réglementation


4.3 Étape 3 — Documentez et conservez vos preuves

C’est l’angle souvent négligé, et pourtant le plus décisif en cas de contrôle ou de contentieux : être capable de prouver que vos prix étaient conformes, que votre prix de référence était exact, que la promotion était bien temporaire.

La question à se poser est simple : si la DGCCRF contrôle votre site demain, pouvez-vous prouver quel était votre prix le 1er mai ?


Partie 5 — La preuve numérique horodatée : votre meilleure protection

5.1 Pourquoi la preuve est-elle si cruciale ?

La conformité ne suffit pas : il faut pouvoir la démontrer. En cas de contrôle administratif, de plainte d’un concurrent ou d’une action en justice, vous devrez apporter la preuve :

  • Du prix réel pratiqué pendant les 30 jours précédant votre promotion
  • De la date de début et de fin de votre opération promotionnelle
  • De l’état de vos pages produits à un instant T
  • Du contenu exact de vos communications marketing (emails, bannières, landing pages)

Les captures d’écran classiques ne constituent pas une preuve recevable devant un tribunal. Un fichier modifiable ne prouve rien. Il vous faut une preuve horodatée, certifiée et infalsifiable.


5.2 La solution : l’horodatage qualifié eIDAS

Le règlement européen eIDAS (Electronic IDentification, Authentication and trust Services) définit un cadre de confiance pour les services de preuve électronique. Parmi ces services : l’horodatage électronique qualifié, qui permet de certifier qu’un contenu numérique existait bien sous une forme précise à un instant précis.

Concrètement, une solution de preuve digitale qualifiée eIDAS vous permet de :

  • Capturer l’état de vos pages e-commerce (fiche produit avec prix affiché) à la date et l’heure exactes de la publication
  • Horodater vos communications promotionnelles (emails, newsletters, bannières)
  • Consigner les dates de début et fin de chaque opération commerciale avec une valeur probante opposable en justice
  • Constituer un dossier de preuve structuré et archivé, prêt à être présenté en cas de contrôle ou de litige

5.3 Ce que cela change dans votre quotidien

La mise en place d’une solution de preuve digitale n’implique pas de refonte de votre organisation. En pratique, cela ressemble à :

  1. Avant le lancement d’une opération : capturer les pages concernées avec horodatage certifié
  2. Pendant l’opération : captures régulières des affichages et prix pratiqués
  3. À la fin de l’opération : capture de la date de fin, retour au prix normal documenté
  4. Archivage automatique dans un espace sécurisé, accessible en cas de besoin

Le résultat : un dossier de conformité opposable que vous pouvez présenter à la DGCCRF, à un juge, ou à un concurrent qui contesterait vos pratiques.


5.4 La preuve au service de votre compétitivité

La dimension probatoire n’est pas seulement défensive. Elle vous donne aussi un avantage concurrentiel réel : les acteurs qui documentent sérieusement leurs pratiques promotionnelles peuvent attaquer les concurrents qui ne le font pas (comme dans l’affaire des matelas citée plus haut, où un concurrent a obtenu 2 millions d’euros de dommages-intérêts).


Récapitulatif : votre checklist avant les soldes du 25 juin

✅ Préparation juridique

  • ☐ Les produits à solder sont payés et en stock depuis plus de 30 jours
  • ☐ Le terme « soldes » n’apparaît nulle part sur le site avant le 25 juin
  • ☐ Une catégorie ou section distincte est prévue pour les produits soldés
  • ☐ Le droit de rétractation de 14 jours est maintenu et indiqué clairement

✅ Prix de référence

  • ☐ Pour chaque produit soldé ou en promotion, le prix de référence affiché correspond bien au prix le plus bas pratiqué publiquement sur les 30 derniers jours
  • ☐ Les exceptions (produits périssables, programmes de fidélité fermés…) ont été correctement identifiées
  • ☐ Les démarques successives sont documentées

✅ Promotions en cours et à venir

  • ☐ Chaque promotion a une date de fin définie et réelle
  • ☐ Les comptes à rebours, s’ils existent, ne sont pas réinitialisés automatiquement
  • ☐ Aucun produit n’est en promotion en permanence ou quasi-permanente

✅ Documentation et preuve

  • ☐ Les pages produits avec prix affichés sont capturées avant le lancement avec horodatage certifié
  • ☐ Les communications promotionnelles (emails, bannières) sont archivées avec date certifiée
  • ☐ Un processus de suivi des prix est en place sur les 30 jours précédant chaque opération

La réglementation sur les soldes et les promotions en e-commerce n’est pas une contrainte abstraite

C’est un terrain sur lequel les contrôles sont actifs, les sanctions significatives, et les contentieux entre concurrents de plus en plus fréquents.

La bonne nouvelle : une fois les processus en place, la conformité n’est pas une charge lourde. Elle se gère en amont, avec les bons réflexes et les bons outils.

Deux piliers pour une stratégie promotionnelle solide :


1. Un accompagnement juridique pour qualifier correctement vos opérations et construire des processus conformes — c’est exactement ce que je propose, en droit des affaires et propriété intellectuelle, avec si besoin un volet médiation commerciale pour résoudre les litiges à l’amiable


2. Une solution de preuve digitale horodatée pour documenter et certifier vos pratiques, et transformer votre conformité en avantage défensif et offensif


Ce guide est basé sur le droit français et européen applicable au 1er juin 2026. Il ne constitue pas un avis juridique. Pour toute situation spécifique, n’hésitez pas à me contacter pour un accompagnement personnalisé.

Retrouvez ci-dessous les réponses aux 30 questions les plus fréquemment posées sur la conformité juridique des soldes et promotions en e-commerce. Cette FAQ est conçue pour vous apporter des réponses claires, directement utilisables dans votre activité.

Soldes : règles de base et obligations
Quand commencent les soldes d’été 2026 pour les boutiques en ligne en France ?+
Les soldes d’été 2026 débutent le mercredi 25 juin 2026. Cette date est fixée par décret et s’applique à toutes les formes de vente, y compris la vente en ligne. Avant cette date, vous ne pouvez en aucun cas utiliser le terme « soldes » sur votre site, vos emails ou vos réseaux sociaux.
📌 Bon à savoir : la DGCCRF contrôle activement l’apparition du mot « soldes » avant la date officielle, y compris sur les plateformes et comparateurs de prix.
Est-ce qu’un e-commerçant a le droit de vendre à perte pendant les soldes ?+
Oui. La revente à perte est légalement autorisée pendant les soldes, et uniquement pendant cette période. C’est l’une des rares dérogations au principe général d’interdiction de la revente à perte en droit français. Cette exception est réservée aux produits qui répondent aux conditions légales des soldes (stock payé et mis en vente depuis plus de 30 jours).
Est-ce qu’un e-commerçant peut s’approvisionner spécialement pour les soldes quelques jours avant le début ?+
Non. C’est une interdiction formelle. Les produits mis en solde doivent avoir été payés et proposés à la vente depuis plus d’un mois avant le début des soldes. L’objectif légal des soldes est précisément l’écoulement des stocks existants, pas l’écoulement d’un stock gonflé artificiellement à cet effet.
Faut-il respecter le droit de rétractation de 14 jours pendant les soldes sur une boutique en ligne ?+
Absolument. Le droit de rétractation de 14 jours s’applique intégralement en e-commerce, y compris pendant les soldes. Contrairement aux boutiques physiques (où la mention « ni repris ni échangé » est parfois admise), la vente à distance est soumise au droit de la consommation sans exception à ce sujet. Afficher le contraire sur votre site serait une obligation contractuelle illicite.
Comment distinguer clairement les produits soldés des autres produits sur un site e-commerce ?+
La règle est que le consommateur moyen ne doit avoir aucun doute sur le fait qu’un produit est soldé ou non. En pratique, cela implique :
  • Une catégorie ou un onglet dédié « Soldes » dans le menu de navigation
  • Un étiquetage explicite sur chaque fiche produit soldé
  • Une présentation qui ne mélange pas les produits soldés et les produits à prix plein sans distinction
Une ambiguïté sur ce point peut suffire à qualifier l’opération de pratique commerciale trompeuse.
Promotions hors soldes : conditions de validité
Quelle est la différence juridique entre des soldes et une promotion sur un site e-commerce ?+
Les soldes sont un régime légal spécifique, à dates imposées par décret, permettant la revente à perte, dans le but d’écouler des stocks existants. Les promotions désignent toutes les autres annonces de réduction de prix en dehors de ces périodes (Black Friday, codes promo, ventes privées, etc.). La revente à perte y est interdite, et deux conditions cumulatives doivent être remplies : la réduction doit être temporaire et réelle.
Combien de temps peut durer une promotion sur un site e-commerce pour rester légale ?+
La loi n’impose pas de durée maximale précise, mais exige que la promotion soit limitée dans le temps de façon sincère. La Cour d’appel de Paris a condamné le 2 avril 2025 un e-commerçant dont 92 % des ventes annuelles avaient été réalisées en promotion — ce qui a été qualifié de pratique commerciale trompeuse. En pratique, une promotion qui est quasi-permanente n’en est plus une. Il n’existe pas de seuil chiffré fixe, mais un taux élevé de ventes en promotion sur l’année est un signal d’alarme fort.
📌 Conseil : définissez et documentez une date de début et une date de fin pour chaque opération promotionnelle, et conservez ces informations avec une preuve horodatée.
Est-ce qu’un compte à rebours sur une page de vente en ligne est légal pour créer de l’urgence ?+
Non, si le compteur est réinitialisé automatiquement à l’issue du délai affiché. Cette pratique est illicite car elle crée une fausse urgence chez le consommateur. La DGCCRF a déjà sanctionné ce type de dispositif. Un compte à rebours est licite uniquement si la promotion prend effectivement fin à l’heure affichée, sans remise à zéro.
Peut-on organiser des ventes privées juste avant les soldes d’été pour les membres d’un programme de fidélité ?+
Oui, c’est une pratique courante et licite, à condition que l’accès aux ventes privées soit réellement restreint aux membres existants de votre programme. Si n’importe quel visiteur peut s’inscrire en quelques clics et accéder immédiatement aux offres, la DGCCRF pourrait considérer que la réduction est proposée à tous les consommateurs et donc que les obligations du prix de référence s’appliquent.
La réglementation sur les promotions s’applique-t-elle aux e-commerçants étrangers qui vendent à des consommateurs français ?+
Oui. Le Code de la consommation français s’applique à tout professionnel, quel que soit son établissement, dès lors qu’il commercialise des produits auprès de consommateurs situés en France. Les condamnations de Shein ou Pretty Little Things en sont la démonstration concrète. L’établissement à l’étranger ne constitue pas un bouclier juridique.
Le prix de référence : tout comprendre
Qu’est-ce que le prix de référence obligatoire pour les promotions en e-commerce ?+
Depuis le 28 mai 2022 (transposition de la directive Omnibus), tout e-commerçant qui annonce une réduction de prix doit afficher le prix de référence, défini comme le prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l’égard de tous les consommateurs au cours des 30 jours précédant la réduction. C’est ce prix qui doit correspondre à votre « prix barré ».
Est-ce qu’on peut utiliser le prix conseillé fabricant comme prix de référence barré dans une annonce de réduction ?+
Non, depuis la réforme de 2022. Le prix conseillé fabricant ne peut plus servir de prix de référence pour justifier un prix barré. Seul votre propre prix le plus bas des 30 jours précédant la réduction est admis comme prix de référence. Utiliser le prix fabricant comme base de calcul du rabais constituerait une pratique commerciale trompeuse.
Est-ce que l’obligation d’afficher le prix de référence s’applique aussi pendant les soldes ?+
Oui. L’obligation d’afficher le prix de référence s’applique également lors de la première démarque en période de soldes. En revanche, lors des démarques successives qui suivent sur un même produit déjà soldé, vous n’êtes pas obligé de recalculer le prix de référence à partir de la dernière démarque.
Est-ce qu’un e-commerçant doit afficher le prix de référence pour un code promo envoyé par email à ses clients ?+
Cela dépend du degré de personnalisation. Si le code est envoyé à un segment identifiable et restreint (membres d’un programme de fidélité fermé, clients ayant acheté une catégorie précise), la réduction peut être qualifiée de personnalisée et l’obligation ne s’applique pas. En revanche, si un code promo est envoyé à toute votre liste email sans restriction, il est considéré comme adressé à tous les consommateurs et le prix de référence doit être affiché.
Est-ce que les produits alimentaires avec une date de péremption sont exemptés de l’obligation du prix de référence ?+
Partiellement. Les produits avec une date limite de consommation (DLC) — « à consommer jusqu’au » — sont considérés comme périssables et sont bien exemptés. En revanche, les produits avec une date de durabilité minimale (DDM) — « à consommer de préférence avant le » — ne sont pas forcément périssables au sens réglementaire, et leur exemption doit être analysée au cas par cas.
Est-ce que l’obligation d’afficher le prix de référence s’applique quand on compare les prix avec ceux d’un concurrent ?+
Non. Lorsque vous comparez vos prix avec ceux d’un concurrent sur votre site, vous n’êtes pas soumis à l’obligation du prix de référence des 30 jours. Vous êtes en revanche soumis aux règles encadrant la publicité comparative (loyauté, vérifiabilité, non-dénigrement), qui sont distinctes et doivent être respectées scrupuleusement.
Risques, sanctions et contrôles
Quelles sont les sanctions encourues pour une promotion illicite sur un site e-commerce en France ?+
Une promotion non conforme peut être qualifiée de pratique commerciale trompeuse, passible de :
  • Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement (pour une infraction commise en ligne)
  • Jusqu’à 300 000 € d’amende pour une personne physique
  • Jusqu’à 1 500 000 € d’amende pour une personne morale
  • Jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel ou 50 % des dépenses engagées pour l’opération illicite
  • Une peine d’affichage de la décision de condamnation — particulièrement dommageable pour la réputation en ligne
Est-ce que la DGCCRF contrôle vraiment les sites e-commerce pour vérifier la conformité des promotions ?+
Oui, et de façon active. La DGCCRF mène des campagnes de contrôle régulières, notamment à l’approche des soldes et du Black Friday. Ces contrôles portent sur l’affichage du prix de référence, le caractère temporaire des promotions, la sincérité des prix barrés et l’utilisation du terme « soldes » hors période. Des petits et moyens e-commerçants font l’objet de contrôles, pas seulement les grandes plateformes.
Un concurrent peut-il me poursuivre pour mes pratiques promotionnelles illicites, même s’il n’est pas consommateur ?+
Oui. La concurrence déloyale permet à un concurrent direct d’engager votre responsabilité civile si vos pratiques promotionnelles illicites lui causent un préjudice économique. C’est ce qu’illustre la condamnation du fabricant de matelas en avril 2025 à verser 2 millions d’euros à un concurrent, en raison de promotions quasi-permanentes constituant une distorsion de concurrence.
Que risque un e-commerçant qui affiche un faux prix barré pour gonfler artificiellement une réduction ?+
C’est l’infraction la plus sévèrement sanctionnée. Afficher un prix barré qui ne correspond pas au prix réellement pratiqué constitue une pratique commerciale trompeuse caractérisée. L’arrêt Pretty Little Things (septembre 2025, ~3 millions d’euros d’amende) a été prononcé précisément parce que sur 5 % des annonces contrôlées, les prix avaient en réalité augmenté alors qu’une promotion était affichée.
Preuve numérique et documentation
Comment prouver qu’un prix barré affiché sur un site e-commerce correspond bien au prix de référence légal ?+
La meilleure protection est de constituer un dossier de preuves horodatées avant chaque opération. Concrètement, cela signifie :
  • Capturer l’état de vos pages produits (avec les prix affichés) à la date de publication, avec un horodatage certifié
  • Conserver l’historique de vos prix sur les 30 jours précédant chaque opération
  • Archiver les communications promotionnelles (emails, bannières) avec leur date certifiée
Une simple capture d’écran n’a aucune valeur probante devant un tribunal — elle est modifiable et non datée de façon fiable.
📌 Les solutions d’horodatage qualifié eIDAS permettent de produire des preuves opposables en justice.
Est-ce qu’une capture d’écran est suffisante pour prouver la conformité de mes prix en cas de contrôle DGCCRF ?+
Non. Une capture d’écran classique est un fichier modifiable, sans valeur probante fiable. Elle ne prouve pas que l’image n’a pas été retouchée, ni que la date affichée est exacte. En cas de contentieux ou de contrôle sérieux, seule une preuve numérique produite dans un cadre certifié (horodatage qualifié eIDAS ou équivalent) est opposable juridiquement.
Qu’est-ce que l’horodatage qualifié eIDAS et comment protège-t-il un e-commerçant ?+
Le règlement européen eIDAS définit des standards de confiance pour la preuve électronique. L’horodatage électronique qualifié certifie qu’un document numérique (page web, email, fiche produit) existait sous une forme exacte à un instant précis, de façon infalsifiable. Pour un e-commerçant, cela permet de prouver :
  • Le prix exact affiché à une date donnée
  • La date de lancement et de fin d’une promotion
  • Le contenu d’une communication marketing à son moment d’envoi
Cette preuve est opposable devant les tribunaux français et européens.
Combien de temps faut-il conserver les preuves de ses prix et promotions en e-commerce ?+
En matière de pratiques commerciales trompeuses, le délai de prescription pénale est de 6 ans à compter de la commission de l’infraction. En matière civile (concurrence déloyale), le délai est de 5 ans. Il est donc recommandé de conserver l’ensemble de vos documents probatoires (historiques de prix, captures horodatées, communications) pendant au minimum 6 ans après chaque opération commerciale.
Bonnes pratiques et mise en conformité
À quelle fréquence un e-commerçant devrait-il faire auditer son site pour vérifier la conformité de ses promotions ?+
Au minimum, un audit est recommandé :
  • Avant chaque grande opération commerciale (soldes, Black Friday, ventes privées)
  • À chaque modification significative de votre interface ou moteur de prix
  • En cas de mise à jour réglementaire (la directive Omnibus a déjà évolué, et la jurisprudence CJUE évolue également)
La conformité n’est pas un état permanent acquis une fois pour toutes : vos pratiques et la réglementation évoluent en parallèle.
Quelles informations précontractuelles un e-commerçant doit-il obligatoirement afficher sur ses fiches produits ?+
Indépendamment des promotions, tout e-commerçant est tenu d’afficher avant l’achat :
  • Les caractéristiques essentielles du produit
  • Le prix total (TTC, frais de livraison inclus ou clairement indiqués)
  • Le prix de référence en cas d’annonce de réduction
  • Les conditions de rétractation
  • L’identité et les coordonnées du vendeur professionnel
Des manquements sur ces points ont été à l’origine de condamnations importantes, y compris chez Shein (22 millions d’euros d’amende en 2025).
Qu’est-ce que la jurisprudence Aldi de la CJUE change pour les e-commerçants français ?+
Dans son arrêt du 26 septembre 2024, la Cour de Justice de l’Union Européenne a posé que toute annonce de réduction non conforme doit être considérée comme illicite, indépendamment de son effet trompeur réel sur le consommateur. C’est une position plus sévère que le droit français actuel, qui exige que l’infraction soit trompeuse pour être sanctionnée. Cette divergence est un signal fort d’évolution législative à venir en France, vers un régime potentiellement plus strict.
Est-ce qu’un avocat en droit des affaires peut m’aider à sécuriser mes opérations promotionnelles e-commerce, ou faut-il un spécialiste de la consommation ?+
Un avocat en droit des affaires maîtrisant le droit de la consommation et du numérique est le profil le plus adapté pour vous accompagner sur ces sujets. Les enjeux sont à la fois contractuels (qualification des opérations, rédaction des conditions générales de vente), réglementaires (conformité Code de la consommation, directive Omnibus) et contentieux (défense en cas de contrôle DGCCRF ou de litige avec un concurrent). La médiation commerciale peut également être une voie rapide et efficace pour résoudre un différend avec un concurrent ou un partenaire sans recourir au tribunal.
📌 Je suis disponible pour un accompagnement personnalisé sur tous ces volets — audit de conformité, sécurisation de vos opérations et médiation commerciale.
Existe-t-il une formation pour les entrepreneurs e-commerçants sur la conformité juridique des soldes et promotions ?+
Oui. Des formations spécialisées permettent à vos équipes marketing, e-commerce et juridiques de maîtriser le cadre réglementaire applicable et de mettre en place des processus internes conformes. Ces formations couvrent notamment la qualification des opérations promotionnelles, les obligations liées au prix de référence, la gestion de la preuve numérique et les bonnes pratiques en cas de contrôle. Contactez-moi pour en savoir plus sur les modalités disponibles (intra-entreprise, inter-entreprises, e-learning).

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