Aller au contenu

Contrefaçon multi‑supports : comment les entreprises se mettent en danger (et comment en sortir par la négociation)

En 2026, une entreprise qui communique ne se contente plus d’un seul support. Elle publie sur son site, son blog, ses réseaux sociaux, ses newsletters, ses livres blancs, ses plaquettes, ses vidéos, ses webinaires, ses supports de formation, ses appli mobiles… Autrement dit, elle est multi‑supports par nature.

Dans ce contexte, la contrefaçon multi‑supports n’est pas qu’un risque théorique : c’est souvent une réalité silencieuse. Un visuel repris dans un PowerPoint, un texte copié‑collé dans un article, une infographie du net intégrée dans une vidéo, une illustration réutilisée sur plusieurs supports sans autorisation : autant de micro‑gestes qui peuvent constituer, en droit français, des actes de contrefaçon.

Les décisions rassemblées dans ton document montrent très bien que :

  • la contrefaçon est appréciée de manière objective (on regarde le fait, pas l’intention) ;
  • la combinaison absence d’autorisation + absence ou mauvaise gestion du crédit revient très souvent ;
  • les juges sanctionnent la réutilisation sur d’autres supports que ceux prévus au contrat, même à l’intérieur d’un même groupe ou d’une même marque.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une autre voie que le contentieux subi : structurer sa pratique, puis négocier intelligemment lorsqu’un problème est détecté, dans un cadre confidentiel et maîtrisé.


I. Contrefaçon : comprendre le risque quand on diffuse sur plusieurs supports

1. Une définition simple, mais implacable

En droit français, la contrefaçon est définie de manière très large : toute reproduction, représentation ou exploitation d’une œuvre de l’esprit sans autorisation de l’auteur ou de ses ayants droit constitue un acte de contrefaçon, sauf exception légale (courte citation, exception pédagogique très encadrée, parodie, etc.). C’est l’article L.122‑4 du Code de la propriété intellectuelle qui en fixe le principe.

Les décisions de ton document rappellent que :

  • la contrefaçon est appréciée indépendamment de la bonne foi : un tribunal de Paris a même pris soin de préciser que la bonne foi du diffuseur est indifférente pour caractériser l’atteinte ;
  • il suffit d’une reproduction ou d’une représentation non autorisée : ce peut être un visuel dans un livre, un texte sur un site, un extrait dans une vidéo, un logo dans un flyer, une carte dans un rapport…

Ainsi, dans une affaire jugée par un tribunal de grande instance, une entreprise avait utilisé des œuvres (notamment des photographies et des textes) sans autorisation sur ses supports de communication. Le tribunal a constaté que, même si l’entreprise pensait de bonne foi être autorisée, elle ne disposait d’aucun contrat de cession ou de licence valable : la contrefaçon était donc établie.

Message clé pour l’entrepreneur :

On ne regarde pas ce que vous pensiez, mais ce que vous avez fait.
Si vous exploitez sans autorisation, vous êtes dans la zone rouge.


2. L’originalité : est‑ce vraiment protégé, ou est‑ce “juste un truc banal” ?

La première défense réflexe de beaucoup d’entreprises est la suivante :

« Mais enfin, ce visuel / ce texte / ce schéma n’a rien d’original ! »

La jurisprudence rappelle que l’œuvre est protégée dès qu’elle porte l’empreinte de la personnalité de l’auteur (critère d’originalité). Des cours d’appel ont rappelé cette exigence à propos de photographies, de schémas, d’éléments graphiques.

Par exemple :

  • une cour d’appel a jugé qu’un cliché n’était pas protégé lorsqu’il se bornait à reproduire fidèlement un objet sans apport créatif particulier ;
  • une autre décision a refusé de protéger des contenus purement descriptifs, sans mise en forme particulière ni choix créatifs.

Cependant, ces décisions restent assez exceptionnelles : dans la pratique, beaucoup d’œuvres qui paraissent “simples” aux yeux des non juristes sont reconnues comme originales :

  • un schéma pédagogique avec une organisation particulière,
  • une infographie avec un style graphique spécifique,
  • une photo dont le cadrage, la lumière ou le moment choisi ne sont pas purement mécaniques,
  • une maquette de page ou une présentation PowerPoint avec un véritable travail de composition.

En pratique :
Par prudence, en entreprise, il vaut mieux considérer par défaut qu’un contenu est protégé, sauf démonstration contraire solide. Par ailleurs, même si l’originalité était discutée, une entreprise qui exploite massivement des contenus “repris ailleurs” donne une très mauvaise image d’elle-même.


3. Multi‑supports : chaque usage compte

La contrefaçon devient “multi‑supports” dès lors que l’œuvre est utilisée dans plusieurs contextes, souvent au‑delà de ce qui était prévu au départ. Les décisions de ton document illustrent bien ces situations :

  • une image fournie pour une publication unique et réutilisée ensuite sur un site web, des réseaux sociaux, des affiches ou des plaquettes ;
  • un texte écrit pour un magazine et repris tel quel sur un blog, dans un livre blanc ou un e‑mailing commercial ;
  • une création graphique utilisée sur un support spécifique, puis reprise comme logo d’une gamme de produits, ou intégrée dans une vidéo promotionnelle.

Dans certains cas, les juges relèvent que le contrat initial ne mentionnait qu’un type de support (par exemple la presse écrite), alors que l’œuvre a ensuite été exploitée sur des supports numériques et des réseaux sociaux sans que l’auteur ait donné son accord pour cette extension.

Exemple multi‑supports typique :
Un entrepreneur commande à un graphiste une illustration pour la page d’accueil de son site.

  • Puis l’illustre dans ses posts LinkedIn.
  • Puis l’intègre dans ses présentations commerciales.
  • Puis l’utilise comme visuel principal d’une campagne sponsorisée.

Si le contrat initial parlait simplement de “création d’une illustration pour le site”, sans mention des autres usages, l’entreprise peut être en dehors du périmètre autorisé.


II. Scénarios de contrefaçon multi‑supports : comment on se brûle les ailes en pratique

1. Cas n°1 : la “mise à jour” numérique d’un support print

Beaucoup d’entreprises ont vécu une transformation similaire : auparavant, elles communiquaient essentiellement via des brochures papier, des catalogues, des magazines. Désormais, elles veulent “mettre tout ça en ligne”.

a) Le réflexe dangereux : “on a déjà payé, on peut tout mettre sur internet”

D’un point de vue juridique, le passage du print au digital n’est pas neutre :

  • ce peut être un nouveau mode d’exploitation (représentation en ligne, disponibilité permanente, potentiel mondial) ;
  • il n’est pas toujours inclus dans les contrats anciens, surtout s’ils datent d’avant la généralisation du web et des réseaux sociaux ;
  • les auteurs (photographes, illustrateurs, rédacteurs, auteurs de BD, etc.) sont en droit de revendiquer une rémunération complémentaire pour ces usages.

Dans plusieurs décisions, les juges ont estimé que la reprise intégrale de contenus conçus pour le papier (textes, photos, planches de BD) sur un site internet, sans autorisation spécifique, constituait une contrefaçon des droits patrimoniaux.

b) Exemple concret

Un éditeur d’ouvrages professionnels décide de numériser tout un fonds de livres et d’articles pour créer une base documentaire accessible par abonnement. Si les contrats ne prévoyaient qu’une exploitation sous forme papier, le fait de proposer un accès en ligne aux contenus peut être qualifié de contrefaçon. La bonne pratique aurait été de négocier des avenants de cession numérique ou des licences spécifiques.


2. Cas n°2 : la viralisation sur réseaux sociaux

Deuxième scénario typique : un contenu créé pour un usage précis (publication web, magazine, événement, flyer) se retrouve propulsé sur les réseaux sociaux, parfois sans aucun contrôle.

a) Un simple partage peut devenir une nouvelle représentation

Lorsqu’une entreprise poste sur un réseau social :

  • une image (photo, illustration, visuel de campagne),
  • un extrait de texte (citation, paragraphe, encadré),
  • un schéma (diagramme, carte mentale, infographie),

c’est juridiquement une représentation de l’œuvre sur un nouveau support, avec une nouvelle audience, et souvent de nouvelles conditions d’exploitation (stockage par la plateforme, republications, etc.).

Si le contrat initial ne prévoyait pas les réseaux sociaux, l’auteur peut légitimement contester cette extension de la diffusion. Certaines décisions font apparaître que l’utilisation sur des pages publiques de réseaux sociaux n’avait pas été prévue, et que cela justifie une indemnisation complémentaire.

b) L’effet boule de neige des partages

En outre, sur les réseaux sociaux, les contenus sont :

  • partagés,
  • re‑postés,
  • intégrés dans des stories ou réutilisés par d’autres comptes.

Cela multiplie les atteintes potentielles. Même si ce ne sont pas toujours l’entreprise d’origine qui est en cause, le fait que celle‑ci ait initié la diffusion peut être un élément pris en compte dans l’analyse globale du préjudice.


3. Cas n°3 : intégration dans des offres commerciales et des “packs”

Troisième situation : l’entreprise intègre des œuvres dans des packs commerciaux ou des offres combinées :

  • un éditeur qui vend des “pack ressources” (vidéos, textes, visuels, fiches) à des écoles ou des clients B2B ;
  • un prestataire qui inclut des photos et des infographies dans des modèles de documents qu’il revend ;
  • une agence qui réutilise des éléments créés pour un client A dans la proposition faite à un client B, sans autorisation.

Des décisions de cours d’appel et de tribunaux rappellent que l’utilisation d’une œuvre dans un contexte commercial différent, non prévu au contrat, constitue une exploitation non autorisée, donc potentiellement contrefaisante.

Exemple concret :
Une entreprise commande une illustration pour une campagne interne (affiches dans les locaux). Constatant que le visuel fonctionne très bien, elle l’intègre ensuite dans un kit marketing fourni à ses distributeurs, qui l’exploitent à leur tour. Sans clause de cession couvrant ces usages, l’auteur peut réclamer une rémunération spécifique, voire invoquer la contrefaçon si aucun accord n’est trouvé.


III. Stratégie pour les entrepreneurs : prévenir la contrefaçon multi‑supports et négocier quand il est déjà trop tard

1. Sécuriser en amont : contrats et gouvernance des contenus

Pour réduire drastiquement le risque de contrefaçon multi‑supports, une entreprise doit développer une gouvernance des contenus et des contrats.

a) Des contrats de cession ou de licence adaptés aux usages actuels

Les décisions rappelées dans ton document insistent sur la nécessité de cessions expresses et précises : le Code de la propriété intellectuelle impose que les droits cédés soient détaillés par type d’exploitation, durée, territoire, etc. (articles L.131‑3 et L.131‑4 CPI).

Un contrat bien conçu doit donc mentionner :

  • les supports autorisés : print, web, applis, réseaux sociaux, vidéos, podcasts, etc. ;
  • l’extension à de futurs supports numériques (dans une certaine mesure) ;
  • les possibilités d’adaptation (recadrage, dérivés, traductions…) ;
  • les modalités de crédit et de respect du droit moral.

b) Une politique de “droits” dans l’entreprise

En plus des contrats, il est utile d’avoir :

  • une charte interne sur l’utilisation des contenus,
  • des référents (juridique / compliance / communication) qui valident les usages complexes,
  • un système de classement des œuvres (qui, quoi, d’où, avec quel contrat ?).

Exemple structurant :
Créer un tableau ou un outil interne par “œuvre” (photo, texte, visuel, vidéo) indiquant :

  • source,
  • contrat associé,
  • supports autorisés,
  • date de fin de droits éventuelle,
  • obligations de crédit.

2. Quand l’incident est là : adopter la réflexe négociation plutôt que confrontation

Si un auteur, un syndicat ou un organisme vous reproche une contrefaçon multi‑supports, la marge de manœuvre existe encore, à condition de changer très vite de posture.

a) Auditer les usages incriminés

Avant toute réponse, il est crucial de :

  • recenser tous les supports sur lesquels l’œuvre a été utilisée ;
  • vérifier s’il existe des contrats ou autorisations (et ce qu’ils couvrent réellement) ;
  • évaluer l’ampleur réelle de la diffusion (durée, audience, portée).

Cet audit permet de distinguer :

  • ce qui est clairement non autorisé,
  • ce qui peut être discuté (interprétation du contrat),
  • ce qui est en zone grise (usages internes, par exemple).

b) Suspendre certaines diffusions et ouvrir le dialogue

Ensuite, il est souvent judicieux de :

  • suspendre immédiatement les usages les plus manifestement problématiques (par exemple une diffusion en ligne publique) ;
  • écrire à l’auteur ou à son représentant en reconnaissant les faits matériels et en proposant une rencontre ou une médiation.

Les décisions montrent que les juges sont sensibles à l’attitude post‑litige : un diffuseur qui persiste et signe est moins bien traité qu’un diffuseur qui coopère et régularise.

c) Modes amiables : médiation, processus collaboratif, conciliation

Comme dans l’article n°1, les modes amiables sont au cœur de la stratégie :

  • Médiation : un tiers neutre aide à transformer les reproches en options.
  • Processus collaboratif : les conseils des parties travaillent ensemble pour structurer un accord plutôt que de plaider.
  • Conciliation : si une procédure est déjà engagée, on peut la suspendre pour tenter un accord devant un conciliateur ou un médiateur désigné par le juge.

Concrètement, on peut négocier :

  • une rémunération pour les usages passés,
  • une licence ou cession pour certains usages futurs,
  • des mentions rectificatives (crédit, communiqué, etc.),
  • un calendrier de retrait pour les supports trop sensibles.

3. Transformer l’expérience en levier de progrès

Enfin, une entreprise qui a traversé un conflit de contrefaçon multi‑supports peut en faire un levier d’amélioration, plutôt qu’un simple traumatisme.

  • Revoir ses contrats types (avec l’aide d’un conseil).
  • Mettre à jour sa charte interne “contenus & droits d’auteur”.
  • Former ses équipes (marketing, communication, produits, RH, IT).
  • Instaurer un réflexe “médiation d’abord” pour tout litige d’auteur.

Au fil du temps, cette approche évite non seulement les condamnations, mais améliore aussi les relations avec les créateurs, les prestataires, les partenaires, et, plus largement, la marque employeur.


FAQ

  1. Une reproduction non autorisée sur un seul support, c’est déjà de la contrefaçon ?
    Oui. Dès qu’une œuvre est reproduite ou représentée sans autorisation, il y a potentiellement contrefaçon, même pour un seul support.
  2. Qu’est‑ce qui fait qu’une contrefaçon devient “multi‑supports” ?
    Quand la même œuvre est utilisée sur plusieurs supports (site, réseaux sociaux, print, vidéo, etc.) sans autorisation couvrant tous ces usages.
  3. Le passage du print au numérique est‑il un nouveau droit à négocier ?
    Très souvent oui. Si les contrats anciens ne prévoyaient pas l’exploitation numérique, il faut un accord complémentaire.
  4. Si j’ai payé une création, je peux l’exploiter sur tous les supports ?
    Non. Payer la création ne veut pas dire que vous avez tous les droits. Il faut un contrat de cession ou de licence qui détaille les supports.
  5. Un simple post sur un réseau social peut‑il être une contrefaçon ?
    Oui, si vous utilisez une œuvre sans autorisation ou au-delà de ce qui était prévu au contrat.
  6. La bonne foi me protège‑t‑elle en cas de contrefaçon ?
    Non, pas sur le principe. La bonne foi peut éventuellement influencer le montant des dommages, mais ne supprime pas l’atteinte.
  7. Une œuvre “banale” peut‑elle être protégée ?
    Si elle révèle l’empreinte de la personnalité de l’auteur, oui. L’originalité est souvent retenue plus largement qu’on ne le pense.
  8. Puis‑je reprendre des contenus trouvés sur des banques d’images “libres de droits” ?
    Oui, si vous respectez les licences. “Libre de droits” ne signifie pas “sans conditions”. Il y a presque toujours des limites.
  9. Et les contenus soi‑disant “gratuits” sur des sites étrangers ?
    Très risqué. Même si le site indique “free”, la responsabilité finale reste la vôtre si le site ne disposait pas des droits.
  10. Si je numérise un ancien catalogue pour le mettre en ligne, je dois revoir tous les droits ?
    Il est prudent d’analyser les contrats initiaux. S’ils ne prévoyaient que l’édition papier, une autorisation complémentaire sera souvent nécessaire.
  11. Je peux réutiliser un texte écrit pour mon blog dans un livre ?
    Ça dépend de qui est l’auteur et de ce que le contrat prévoit. Si c’est un salarié, c’est plus nuancé ; si c’est un freelance ou un auteur externe, il faut vérifier les droits.
  12. Je peux intégrer des images trouvées sur Google dans mes slides internes ?
    Juridiquement, c’est une reproduction non autorisée. Même si c’est “interne”, cela reste un usage. Et si les slides sortent (webinar, replay, PDF envoyé…), le risque augmente.
  13. Les captures d’écran sont‑elles toujours libres de droit ?
    Non. Elles peuvent reproduire des interfaces, des visuels, des textes, des logos protégés. Il faut s’interroger sur les droits.
  14. Si mon agence a créé un visuel pour un usage spécifique, puis‑je le réutiliser ailleurs ?
    Seulement si le contrat le prévoit. Sinon, la réutilisation peut être une exploitation non autorisée.
  15. Je peux revendre des templates contenant des visuels ou des textes créés pour un client ?
    Pas sans avoir obtenu une cession ou une licence couvrant ces reventes. Sinon, vous risquez une contestation.
  16. Un syndicat professionnel peut‑il m’attaquer pour contrefaçon ?
    Oui, s’il défend les intérêts collectifs d’auteurs ou d’éditeurs et si la loi lui en donne la possibilité.
  17. Un fournisseur d’accès à Internet peut‑il bloquer un site de contrefaçon de livres ou de mangas ?
    Oui, sur décision judiciaire qui ordonne ce blocage pour protéger les droits des auteurs et des éditeurs.
  18. Si un auteur me reproche une contrefaçon multi‑supports, dois‑je retirer tout immédiatement ?
    Il est prudent de suspendre le plus problématique et d’ouvrir rapidement le dialogue. Mais il est préférable de le faire dans un cadre concerté, surtout si vous espérez un accord.
  19. La médiation peut‑elle vraiment régler un litige de contrefaçon ?
    Oui. Elle permet de discuter du préjudice, des usages passés, des licences futures, dans un cadre confidentiel.
  20. Que puis‑je négocier en cas de contrefaçon ?
    Une indemnisation, une régularisation (licence/cession), un plan de retrait, éventuellement un partenariat pour l’avenir.
  21. Vaut‑il mieux transiger ou aller au procès pour “donner l’exemple” ?
    Pour une entreprise, la transaction bien négociée est souvent plus intéressante : coûts maîtrisés, temps gagné, réputation préservée.
  22. Comment calculer une indemnisation raisonnable ?
    On peut partir du tarif normal pour ce type d’exploitation, le multiplier selon le nombre de supports, la durée, l’audience, et ajouter un montant pour le préjudice moral.
  23. Une instance judiciaire empêche‑t‑elle une médiation ?
    Non. Au contraire, les juges peuvent encourager les parties à tenter une médiation en cours de procédure.
  24. Je peux prévoir une clause “toutes exploitations connues ou inconnues” ?
    En droit français, les clauses trop générales sont encadrées. Le CPI impose que la cession soit précise. Il faut donc détailler suffisamment, surtout pour le numérique.
  25. Le fait que je sois une petite structure atténue‑t‑il ma responsabilité ?
    La taille n’empêche pas la contrefaçon. Elle peut éventuellement jouer sur l’évaluation du préjudice, mais pas sur le principe.
  26. Une exploitation uniquement interne à l’entreprise est‑elle moins risquée ?
    Elle est moins visible, mais reste juridiquement une exploitation. Et dès qu’un document circule à l’extérieur, le risque s’amplifie.
  27. Je peux me reposer sur mon agence ou mon prestataire pour les droits ?
    Vous devez vérifier contractuellement que l’agence vous garantit la régularité des droits. Mais vis‑à‑vis des auteurs, vous pouvez malgré tout être poursuivi comme diffuseur.
  28. En cas de doute sur un usage multi‑supports, que faire ?
    Ne pas diffuser en l’état. Vérifier les contrats, contacter l’auteur, éventuellement négocier un avenant.
  29. Est‑ce que la notion de contrefaçon change si l’auteur est à l’étranger ?
    Si l’exploitation vise la France (public français, diffusion en France), le droit français est souvent applicable. Les principes de contrefaçon restent proches dans beaucoup de pays, mais les détails varient.
  30. Dois‑je vraiment mettre en place une politique “droits d’auteur” pour mon entreprise ?
    Oui. C’est une forme d’assurance : quelques heures de structuration évitent des années de contentieux et protègent votre image.

Notre mantra

« La négociation est un sport de combat – Il faut savoir être dur avec les questions à traiter tout en préservant les relations. »


Mentions légales

Extrait des conditions d’utilisation :
« Toute utilisation aux fins d’apprentissage par une IA est interdite. Tous droits réservés. Tout contrevenant s’expose à des poursuites civiles et pénales. »


Sources

  • Code de la propriété intellectuelle (droit français)
    • Art. L.111‑1, L.112‑1 (protection des œuvres de l’esprit)
    • Art. L.121‑1 (droit moral)
    • Art. L.122‑4 (contrefaçon – reproduction / représentation sans autorisation)
    • Art. L.131‑3, L.131‑4 (conditions de la cession de droits)
      👉 https://www.legifrance.gouv.fr
  • (CA Paris 18‑10‑2013, CA Metz 08‑01‑2009, CA Versailles 15‑09‑2011, CA Paris 04‑02‑2004, CA Paris 13‑03‑2002, TGI Paris 08‑11‑2013, CA Paris 08‑11‑2002, TGI Paris 27‑03‑2014, TGI Paris 21‑05‑2015, CA Montpellier 12‑11‑2013, TGI Paris 16‑03‑2017, CA Paris 31‑05‑2006, TGI Paris 30‑09‑2010, CA Papeete 21‑01‑2010)

Une question ? Parlons‑en, tout simplement.

Prise de rendez‑vous via la page d’accueil ou par courriel :
📧 martin@lacour-avocat.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

* Cette case à cocher est obligatoire

*

J'accepte

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.