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Design standardisé = design non protégé ? Faux. Voici pourquoi.


🧭 UX/UI : standardisation ne veut pas dire banalité

Dans le monde du design numérique, l’UX (expérience utilisateur) est souvent guidée par des standards : navigation intuitive, parcours simplifié, accessibilité. Exemple : un fil d’Ariane ou une pagination classique.
L’UI (interface utilisateur), elle, peut sembler standardisée : icônes connues, boutons familiers, grilles récurrentes. Exemple : un menu hamburger ou une tuile cliquable.

Mais attention : standardisé ne veut pas dire non protégé. La réforme du droit des dessins et modèles de 2024 le confirme : même dans un univers saturé, un design peut être protégé… s’il se distingue.


Le caractère propre dans un univers saturé

L’utilisateur averti devient plus exigeant

La jurisprudence européenne considère que dans un secteur saturé, l’utilisateur averti est plus sensible aux différences. Cela signifie que de petites variations peuvent suffire à conférer un caractère propre.

Exemple : dans un marché rempli de dashboards, une interface qui joue sur la hiérarchie visuelle, les proportions des tuiles et le rythme des animations peut être jugée suffisamment distinctive.

La liberté du créateur est un facteur clé

Plus le créateur dispose de liberté dans ses choix, plus le seuil de protection est élevé. Mais dans un environnement contraint (guidelines, normes), la moindre variation devient significative.

Exemple : une interface mobile soumise aux contraintes d’Apple ou Android peut être protégée si elle présente des choix esthétiques autonomes (palette, typographie, transitions).

L’impression d’ensemble, pas le détail

Le juge ne découpe pas le design en morceaux. Il évalue l’impression globale. Même si certains éléments sont standards, l’ensemble peut produire une impression différente.

Exemple : une interface qui combine des éléments connus (menu, icônes) avec une mise en scène originale (animation, disposition, ambiance visuelle) peut être protégée.


Comment protéger un design dans un secteur saturé

Déposer les bonnes vues

La protection dépend des représentations déposées. Il faut montrer les états clés, les transitions, les variantes. Ne jamais se contenter d’un seul écran figé.

Exemple : pour un dashboard, déposer les vues en mode normal, survol, clic, erreur, ainsi que les animations de chargement et les transitions entre sections.

Documenter les différences

Il est stratégique de identifier les designs antérieurs proches et de montrer en quoi le vôtre s’en distingue. Cela renforce la présomption de validité et prépare la défense en cas de litige.

Exemple : une entreprise peut comparer son interface à celles de ses concurrents et souligner les différences de rythme visuel, de hiérarchie, de style graphique.

Valoriser la saturation du marché

Dans un secteur saturé, la moindre originalité devient précieuse. Il faut en faire un argument, pas une faiblesse. Le juge en tient compte.

Exemple : une interface de gestion de projet qui reprend des codes connus mais les détourne avec une ambiance visuelle inspirée du cinéma peut être protégée.


Négocier en terrain standardisé : anticiper les conflits

Prévoir les clauses de propriété

Dans les contrats de création ou de sous-traitance, il faut préciser qui détient les droits sur le design, même s’il est basé sur des standards. Sinon, le flou juridique s’installe.

Exemple : une agence qui crée une interface pour un client doit stipuler clairement la cession ou la licence des droits sur les éléments déposés.

Anticiper les litiges de ressemblance

Dans un univers saturé, les risques de copie involontaire ou de ressemblance fortuite sont élevés. Il faut prévoir des clauses de résolution amiable ou de médiation.

Exemple : une entreprise peut insérer une clause de conciliation préalable en cas de litige sur la ressemblance entre deux interfaces.

Valoriser le design dans les négociations

Un design protégé, même standardisé, est un actif immatériel valorisable. Il peut peser dans une levée de fonds, une cession, une fusion.

Exemple : une start-up qui a déposé son interface peut la valoriser dans son bilan, la céder sous licence, ou l’utiliser comme levier de négociation avec des partenaires.


Même dans un univers saturé, un design UX/UI peut être protégé. Ce n’est pas la nouveauté absolue qui compte, mais l’impression d’ensemble. La réforme de 2024 l’a confirmé : le droit des dessins et modèles s’adapte aux réalités numériques. À condition de savoir quoi déposer, comment le documenter, et comment le défendre.


📚 Sources officielles

  • https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024L2823
  • https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024R2822
  • https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006069414/
  • https://www.inpi.fr/fr/proteger-vos-creations/dessins-et-modeles
  • https://euipo.europa.eu/

🥋 Mantra

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❓ FAQ

  1. Un design standardisé peut-il être protégé ?
    Oui, s’il produit une impression visuelle d’ensemble différente malgré les éléments connus.
  2. Qu’est-ce que le caractère propre ?
    C’est l’impression globale différente que le design produit sur un utilisateur averti.
  3. La saturation du marché est-elle un obstacle ?
    Non, elle peut même renforcer la sensibilité aux différences.
  4. Puis-je protéger un dashboard ?
    Oui, si sa disposition, son rythme visuel ou ses animations sont distinctifs.
  5. Puis-je protéger une interface inspirée de standards ?
    Oui, si vous avez apporté des choix esthétiques autonomes.
  6. Comment prouver que mon design est différent ?
    En comparant avec les designs antérieurs et en documentant les différences.
  7. Dois-je déposer plusieurs vues ?
    Oui, pour couvrir les états, les transitions et les variantes.
  8. Puis-je protéger une interface mobile ?
    Oui, même si elle respecte les guidelines des plateformes.
  9. Puis-je protéger une interface web ?
    Oui, à condition qu’elle présente une apparence distinctive.
  10. Puis-je protéger une interface SaaS ?
    Oui, les interfaces SaaS sont souvent déposées pour sécuriser leur exploitation.
  11. Puis-je protéger une interface de formulaire ?
    Oui, si le design est original et non dicté uniquement par la fonction.
  12. Puis-je protéger une interface de chatbot ?
    Oui, si elle comporte des éléments graphiques distinctifs.
  13. Puis-je protéger une interface vocale ?
    Oui, si elle inclut des éléments visuels originaux.
  14. Puis-je protéger une interface en réalité augmentée ?
    Oui, à condition que les éléments soient visibles et distinctifs.
  15. Puis-je protéger une interface responsive ?
    Oui, en déposant les vues correspondant aux différents formats.
  16. Puis-je protéger une interface avec des animations ?
    Oui, les animations sont expressément couvertes par la réforme.
  17. Puis-je protéger une interface avec des transitions ?
    Oui, les transitions font partie des éléments d’apparence protégés.
  18. Puis-je protéger une interface avec des icônes standards ?
    Oui, si l’ensemble produit une impression différente.
  19. Puis-je protéger une interface avec une typographie sur mesure ?
    Oui, les typographies peuvent être protégées si elles sont originales.
  20. Puis-je protéger une interface inspirée d’un design system ?
    Oui, si vous avez apporté des modifications créatives et distinctives.
  21. Puis-je protéger une interface utilisée dans un objet connecté ?
    Oui, les interfaces embarquées sont pleinement protégées.
  22. Puis-je protéger une interface utilisée dans un jeu vidéo ?
    Oui, les interfaces de jeu sont éligibles aux deux régimes.
  23. Puis-je protéger une interface de borne tactile ?
    Oui, si elle est visible et présente une apparence distinctive.
  24. Puis-je protéger une interface déjà diffusée ?
    Oui, si vous déposez dans les 12 mois suivant la première divulgation.
  25. Puis-je céder les droits sur mon interface ?
    Oui, par contrat écrit ou clause de cession.
  26. Puis-je licencier mon design ?
    Oui, vous pouvez accorder des licences d’exploitation à des tiers.
  27. Puis-je protéger une interface générée par une IA ?
    Oui, si elle est matérialisée visuellement et répond aux critères de protection.
  28. Puis-je protéger une interface inspirée d’un style artistique ?
    Oui, si vous avez adapté ce style avec des choix personnels et créatifs.
  29. Puis-je protéger une interface très colorée ?
    Oui, la couleur peut contribuer au caractère propre.
  30. Puis-je protéger une interface en noir et blanc ?
    Oui, si elle présente une composition originale et distinctive.

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