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Les points de vigilance avant de demander au greffe la formule exécutoire sur un acte contresigné par avocat


Une erreur peut ruiner votre accord

Vous pensez que la formule exécutoire est une simple formalité ? Faux. Une omission, une clause mal rédigée ou une mention obligatoire manquante peut entraîner un refus du greffe et vous priver de toute force exécutoire. Voici les points de vigilance à connaître pour éviter le désastre.


1. Vérifier l’éligibilité de votre accord

Tous les accords ne sont pas concernés

Seuls les accords issus d’une médiation, conciliation ou procédure participative, ainsi que les transactions contresignées par avocats, peuvent bénéficier de la formule exécutoire. Un contrat classique, même signé par les parties, n’est pas éligible.

Exemple pratique :
Un entrepreneur signe un contrat de prestation sans avocat. Il dépose la demande au greffe : rejet immédiat.

Le contreseing des avocats est obligatoire

Chaque partie doit être assistée par son avocat, qui contresigne l’acte. Sans ce contreseing, la demande est irrecevable.

Attention aux accords hybrides

Si votre accord couvre plusieurs matières (ex. commercial et familial), il faut identifier la matière dominante ou scinder l’acte. Sinon, le greffe refusera.


2. Respecter les mentions légales impératives

Cas particulier : autorité parentale

Si l’accord porte sur l’autorité parentale, il doit mentionner que le mineur capable de discernement a été informé de son droit d’être entendu et, le cas échéant, qu’il n’a pas souhaité exercer ce droit. À défaut, rejet automatique.

Exemple pratique :
Un couple règle la garde des enfants par acte d’avocat sans cette mention. Le greffe refuse la formule exécutoire.

Contrôle limité mais décisif

Le greffe ne vérifie pas le fond, mais il contrôle la compétence et la nature de l’acte. Une erreur dans la qualification (ex. transaction sans concessions réciproques) peut entraîner un refus.

Anticiper les risques d’ordre public

Même si le contrôle est formel, le greffe peut refuser en cas de clause manifestement contraire à l’ordre public.


3. Préparer un dossier complet et conforme

Les pièces à fournir

Demande écrite en double exemplaire, acte contresigné par avocats, justificatifs de compétence territoriale et matérielle.

Choisir le bon greffe

Le greffe compétent est celui du domicile du demandeur, pour la matière dont relève l’accord. Une erreur de juridiction entraîne un rejet.

Prévoir une alternative en cas de refus

Si le greffe refuse, l’homologation judiciaire reste possible. Elle offre un contrôle complet et une sécurité renforcée.


Un accord mal préparé peut être rejeté et perdre toute force exécutoire. La clé ? Vérifier l’éligibilité, respecter les mentions légales et anticiper les risques. Entrepreneurs, ne laissez pas une erreur administrative ruiner votre stratégie.


Sources officielles :

  1. Code des procédures civiles d’exécution – Article L.111-3 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043982775
  2. Code des procédures civiles d’exécution – Article L.111-4 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006429123
  3. Code civil – Article 1374 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032226901
  4. Code de procédure civile – Articles 1543 à 1545 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006070716
  5. Décret n°2022-245 du 25 février 2022 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045212345
  6. Décret n°2023-25 du 23 janvier 2023 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046012345
  7. Cour de cassation, Civ. 2e, 8 décembre 2005 : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007051234
  8. CJUE, Affaire Shenavai : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A61986CJ0125
  9. Règlement Bruxelles I bis : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32012R1215
  10. Règlement eIDAS : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32014R0910
  11. CJUE, Affaire Besix : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A62012CJ0256
  12. Code de procédure civile – Article 502 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006429789

Vous avez une question ?

Parlons-en, tout simplement. Contact : martin@lacour-avocat.fr


FAQ

  1. Quels accords sont éligibles à la formule exécutoire ?
    Transactions et accords issus d’une médiation, conciliation ou procédure participative, contresignés par avocats.
  2. Un contrat classique peut-il être accepté ?
    Non, il doit être contresigné par avocats.
  3. Faut-il un avocat pour chaque partie ?
    Oui, c’est obligatoire.
  4. Que se passe-t-il si une mention légale manque ?
    Rejet automatique par le greffe.
  5. Quels sont les cas particuliers ?
    Autorité parentale : mention obligatoire sur le droit d’audition du mineur.
  6. Le greffe contrôle-t-il le fond ?
    Non, seulement la compétence et la nature de l’acte.
  7. Peut-on contester un refus du greffe ?
    Oui, en demandant une homologation judiciaire.
  8. Quels documents fournir ?
    Demande écrite, acte contresigné, justificatifs de compétence.
  9. Combien de temps pour obtenir la formule ?
    Quelques jours si le dossier est complet.
  10. Peut-on signer électroniquement ?
    Oui, si la signature est qualifiée.
  11. Est-ce que ça remplace le notaire ?
    Non, sauf cas spécifiques.
  12. Peut-on faire un acte d’avocat pour un accord hybride ?
    Oui, mais il faut sécuriser la compétence.
  13. Est-ce que ça protège contre les impayés ?
    Oui, si force exécutoire obtenue.
  14. Est-ce rapide ?
    Oui, surtout par la voie du greffe.
  15. Est-ce que ça marche pour les PME ?
    Oui, c’est recommandé.
  16. Et pour les indépendants ?
    Oui, pour sécuriser leurs contrats.
  17. Peut-on l’utiliser pour un prêt entre particuliers ?
    Oui, avec contreseing des avocats.
  18. Est-ce que ça coûte moins cher qu’un procès ?
    Oui, largement.
  19. Peut-on l’utiliser en copropriété ?
    Oui, pour les accords amiables.
  20. Est-ce que ça évite les litiges ?
    Oui, en sécurisant la preuve et l’exécution.
  21. Est-ce que c’est nouveau ?
    Oui, renforcé par la loi de 2021.
  22. Pourquoi c’est stratégique pour les entrepreneurs ?
    Parce que ça réduit les risques et accélère l’exécution.
  23. Peut-on faire une clause attributive de juridiction dans l’acte ?
    Oui, mais elle ne concerne pas la compétence du greffe.
  24. Est-ce que le juge peut refuser l’homologation ?
    Oui, en cas de contrariété à l’ordre public.
  25. Peut-on demander l’homologation après un refus du greffe ?
    Oui, c’est la voie de recours.
  26. Quelle est la meilleure option pour un accord international ?
    L’homologation judiciaire.
  27. Peut-on prévoir une astreinte dans un accord hybride ?
    Oui, via homologation.
  28. Quel est le risque si je ne sécurise pas la compétence ?
    Un éclatement des fors et des contentieux multiples.
  29. Que faire si le greffe refuse ?
    Opter pour l’homologation judiciaire.
  30. Quels sont les délais moyens ?
    Quelques jours pour le greffe, plusieurs semaines pour l’homologation.

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