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Tout le monde n’a pas la chance de rater ses études

Une formule provocante, pour vous inviter à réfléchir au cheminement nécessaire…

Le droit m’a choisi, je n’ai pas choisi le droit

Il s’est imposé comme une évidence, presque comme une vocation silencieuse qui s’invite sans qu’on l’appelle. Pendant des années, j’ai cru que la robe d’avocat était LE symbole ultime de la Justice. Mais la réalité m’a appris que défendre au mieux les autres peut passer par bien d’autres voies, et qu’il ne faut pas, en chemin, oublier de nous défendre nous-mêmes.


Quand la passion devient pression

Depuis mes premières années d’études, j’ai été fasciné par la puissance des règles et des principes juridiques. Le droit, pour moi, n’était pas seulement une discipline intellectuelle : c’était un outil concret pour protéger, réparer et rétablir l’équilibre. J’ai choisi d’en faire mon métier pour défendre, conseiller et accompagner ceux qui traversent des moments difficiles, convaincu que la justice pouvait être un levier de paix sociale.

Accompagner des personnes dans leurs conflits est une mission noble, mais elle a un coût que l’on ne mesure pas toujours au départ. Pression des délais, intensité émotionnelle des dossiers, solitude dans la prise de décision… Peu à peu, j’ai senti le poids de cette responsabilité m’écraser. Jusqu’au jour où j’ai compris que j’étais au bord du burn-out, et que continuer ainsi signifiait perdre ce qui m’avait poussé à choisir ce métier : l’envie d’aider.


Droit et Justice : une confusion fréquente

Pendant longtemps, j’ai cru que le droit était la seule voie vers la justice. Mais j’ai découvert que la justice peut se décliner en trois chemins distincts : le Droit, l’Équité, et la Négociation. Ces voies peuvent parfois se recouper, mais elles ne se confondent pas. Le droit est un ensemble de règles codifiées, la justice un idéal moral d’équité (source : doctrine juridique). Et surtout, j’ai compris qu’on peut choisir de ne pas obtenir justice par l’une de ces voies… et ne pas s’en porter plus mal, bien au contraire.

J’aime poser cette question aux personnes que j’accompagne et qui sont parfois partagées entre leur part interne de « manager », qui est soucieuse de trouver une solution rationnelle rapide, et leur part interne de « pompier », prêt à l’escalade de la violence et qui souhaiterait que l’autre ait tort, popularisée par Franck Lopvet :
« Préférez-vous avoir raison ou être heureux ? »
Elle résume l’essentiel : la justice n’est pas toujours synonyme de victoire juridique, mais de paix intérieure et relationnelle.


Changer pour durer

Plutôt que de tout abandonner, j’ai décidé de me réinventer. J’ai découvert la négociation, non pas comme une simple alternative au procès, mais comme une philosophie de travail et de vie. Prévenir les conflits avant qu’ils ne naissent et les résoudre sans les détruire est devenu mon nouveau cap, une manière de conjuguer compétence juridique et intelligence relationnelle.


La négociation : un sport de combat

Aujourd’hui, je forme et j’accompagne à la négociation de projet (prévention) et à la négociation de conflit (résolution). Mon mantra est simple :
Être dur avec les problèmes à traiter, doux avec les personnes pour préserver les relations — la Justice négociée est un sport de combat.
Cette approche change tout : elle transforme la confrontation en coopération et redonne aux acteurs le pouvoir de construire des solutions durables.


Conclusion

Rater ses études ? Non. Mais rater sa santé, ses valeurs ou ses relations, oui, c’est possible si l’on ne prend pas le temps de se réinventer. Mon parcours est la preuve qu’il existe une autre voie : celle qui conjugue compétence juridique et intelligence relationnelle, pour faire du droit un outil de prévention autant que de réparation.

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